L’Ademe passe au crible le coût des énergies renouvelables

Des champs d’éoliennes poussent aux quatre coins du pays et même parfois dans le jardin des français. Des panneaux solaires fleurissent également sur de nombreux toits de maisons, d’immeubles ou de parkings. Ces énergies propres se fondent désormais dans le paysage. A l’occasion des Assises de la transition énergétique, qui se déroulaient du 24 au 26 janvier à Bordeaux, l’Ademe s’est posée la question du coût de production du Mégawatt / heure (MWh) de chaque énergie renouvelable (hors hydroélectricité) dans le pays. Une simple formule de mathématique ne suffit pas pour trouver la bonne réponse. De nombreux critères rentrent en ligne de compte dont les frais d’investissement, la technologie, la qualité de la ressource disponible et l’évaluation du risque pour les investisseurs.

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L’Ademe évalue le coût de production des énergies renouvelables.

L’éolien terrestre, le « moyen de production le plus compétitif »

Les éoliennes semblent toutes se ressembler. Il existe pourtant deux types d’installation : les éoliennes standards et celles dites toilées. Les toilées constituent les machines de dernières générations. Elles se distinguent par leur mât de plus de 100 m de haut et leur capacité de production annuelle plus importante. Au niveau des coûts, des différences subsistent. Les frais pour l’éolien terrestre standard se situent entre 54 et 108 €/MWh. Pour les éoliennes toilées, ils sont compris entre 50 et 94€ le MWh. « L’éolien terrestre est le moyen de production le plus compétitif avec les moyens conventionnels comme les centrales à cycle combiné gaz », souligne l’Ademe.

Dans les prochaines années, ces chiffres risquent encore d’évoluer. L’Ademe prévoit une baisse de 10 à 15 % d’ici à 2025 pour les éoliennes standards. Le secteur de l’énergie du vent n’est donc pas prêt de s’essouffler. Il dispose toujours, selon l’Ademe, d’un fort potentiel d’innovations et notamment dans la fabrication des rotors.

La baisse des coûts pour les installations solaires

L’énergie solaire séduit de plus en plus les foyers. Cette énergie gratuite et propre permet de s’affranchir en partie des hausses du prix de l’électricité grâce aux offres d’autoconsommation. Un autre facteur explique cet engouement : la réduction du prix de fabrication. Certains types de centrales au sol photovoltaïques commencent à devenir moins chères que le pétrole, le charbon et autres énergies conventionnelles. Leurs coûts d’investissement ont été divisés par 6 entre 2007 et 2014 ! Concrètement, il faut compter entre 74 et 135 €/MWh et les prix vont encore diminuer. L’Ademe pronostique une baisse de 35 % d’ici 2025. Une baisse possible grâce au développement accru de la filière (amélioration du processus de production et augmentation des rendements des modules).

En ce qui concerne les panneaux solaires photovoltaïques destinés aux toitures résidentiels (installation intégrée), le coût de production reste, en revanche, onéreux. Il fluctue entre 164 et 407 €/MWh. Cette large « plage de variation » se rétrécit ou au contraire se creuse par rapport à plusieurs éléments : la technologie considérée, les ressources du site et le niveau d’ensoleillement entre le Nord et le Sud de la France. Pour ces mêmes raisons, le prix de production du chauffe-eau solaire varie entre 156 et 451 €/MWh.

Le potentiel à venir des énergies « non matures »

L’éolien terrestre et les panneaux solaires sont bien implantés en France mais, d’autres technologies le sont peu voire pas du tout. L’Ademe qualifie ces filières comme « non matures ». Elles ne sont, aujourd’hui, pas très intéressantes d’un point de vue économique. Une lacune, qui peut vite être comblée grâce aux avancées attendues. Par exemple :

  • Les éoliennes en mer. Les premiers parcs seront opérationnels à partir de 2020 et ils offriront une puissance totale de 3 GW. Les coûts de production de cette énergie marine sont relativement élevés : entre 123 et 227 €/MWh pour l’éolien posé et entre 165 et 364 €/MWh pour l’éolien flottant.
  • Autres énergies marines importantes, l’énergie hydraulique. En phase d’expérimentation (« entre la phase R&D et la phase pré-commerciale ») à Paimpol-Bréhat et au large de l’île d’Ouessant, cette ressource a un coût de production estimé entre 123 et 571 €/MWh.

A noter, le solaire thermodynamique ne figure pas dans les objectifs du PPE, car l’hexagone ne profite pas d’un ensoleillement suffisant.

Un soutien public reste nécessaire

Les filières de l’éolien et du photovoltaïque sont de plus en plus rentables. Toutefois, l’Ademe préconise que l’État continue d’aider ces deux énergies. Ce soutien public se traduit par différents moyens : appels d’offre, complément de rémunération ou tarif d’achat. Ils permettront au gouvernement d’atteindre les objectifs de développement de la loi transition énergétique et ceux énumérés dans le PPE.

Des aides publiques destinées aux particuliers

En 2017, le gouvernement garde le même cap que les années précédentes. Les subventions accordées dans le cadre de travaux de rénovation énergétique (isolation thermique, chauffe-eau thermodynamique, fenêtre double vitrage, etc.) restent en vigueur. En fonction de leurs revenus ou du choix de l’artisan, les ménages peuvent ainsi prétendre au crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), à l’Eco-prêt, au Certificat d’économie d’énergie (CEE) ou encore au programme Habiter mieux de l’Anah.

Pour en savoir davantage sur l’étude de l’Ademe cliquez ici.

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Posté par Julie le 7 mars 2017