Consommer sa propre électricité, est-ce possible ?

Lorsque les panneaux solaires photovoltaïques ont fait leur apparition sur le marché, les consommateurs ont pensé que ces installations leur permettraient de consommer leur propre électricité. En réalité, les personnes qui ont opté pour des panneaux solaires photovoltaïques ont très rapidement compris que leur production était destinée à être revendue. Le tarif d’achat du kWh leur garantissait de rentabiliser, à moyen terme, leur installation. Cependant, la liberté supposée par la consommation de sa propre électricité s’est ainsi vue abandonnée au profit d’une vente massive des kWh produits à EDF.

panneaux photovoltaiques ampoule electricite

Panneaux photovoltaïques et main tenant une ampoule dans laquelle pousse un arbre.

Aujourd’hui, certains fabricants de panneaux solaires photovoltaïques tentent de guider les Français vers l’ « autoconsommation ». Déjà bien développée en Allemagne et en Espagne, l’autoconsommation consiste à consommer l’électricité produite par sa propre installation photovoltaïque. Le coût du kWh est relativement bas en France (environ 10 centimes d’euros), tandis que le tarif d’achat reste élevé. C’est ce qui explique sans doute le manque d’engouement des Français pour l’autoconsommation. Aujourd’hui, les grands acteurs de la filière photovoltaïque considèrent que l’autoconsommation est l’une des étapes essentielles à la révolution énergétique. Le consommateur doit devenir consom’acteur et être impliqué dans sa consommation d’énergie. Il s’agit en outre de le responsabiliser. Ainsi, l’Allemagne  bonifie désormais le tarif d’achat du kWh autoconsommé et a vu la puissance des installations fonctionnant sur le modèle de l’autoconsommation passer de 70 MW en 2009 à 450 MW en 2010.

La France, peu adepte des changements radicaux, a besoin d’une « transition », selon Laurent Cuzzaini [i]. Cette dernière passe, selon lui, par un système à deux visages : une partie de l’électricité produite est directement consommée tandis que le reste continue d’être revendu. La part d’électricité autoconsommée doit couvrir les besoins en électricité d’une habitation, lorsque les occupants sont absents (en journée, lorsqu’ils travaillent par exemple). Ces besoins s’élèvent à 500 kWh environ par an. « Le principe est d’intégrer un kit de 3, 6 ou 9 kWc de capteurs sur la toiture et de dédier 10 à 20% des capteurs, couplés à un micro-onduleur, à l’alimentation diurne de la maison pour l’autoconsommation après déclaration auprès d’EDF. L’autre partie de l’installation (80 à 90%) est destinée à la revente via un contrat d’achat classique auprès de l’opérateur »[ii].  Cela permettrait, dans un premier temps, d’habituer les Français à ce nouveau mode de consommation responsable. D’autant que cette installation serait rentabilisée dans les mêmes délais qu’une installation classique.

Même si l’autoconsommation n’en est qu’à ses débuts en France, elle pourrait être un élément nécessaire à la révolution énergétique.  « Les perspectives de développement à moyen terme sont énormes. La montée en régime des nouvelles technologies –micro-onduleurs, monitoring box, compteur intelligent Linky et autres smart grids– devraient donner un coup de fouet à l’autoconsommation. Des technologies indispensables à l’équilibre des réseaux ! », selon Claude Valbert [iii]. En France, il reste donc du chemin à parcourir avant que l’autoconsommation devienne presque « naturelle » comme en Allemagne, mais la phase de transition semble désormais amorcée.

Références :
[i] Responsable développement business pour Conergy.
[ii] D’après Laurent Cuzzaini.
[iii] Responsable grands comptes chez Conergy.

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Posté par Julie le 13 novembre 2012