Un modèle d’éco-quartier : Hammarby Sjöstad à Stockholm

L’éco-quartier d’Hammarby Sjöstad à Stockholm est, à l’origine, né de la volonté, pour la ville de Stockholm, d’obtenir les Jeux Olympiques d’été de 2004. En effet, ce quartier durable devait accueillir les athlètes. C’est finalement la candidature d’Athènes qui a été retenue pour les Jeux Olympiques cette année-là, mais le projet suédois a été maintenu.

eco quartier stockholm

Photo de l’éco-quartier à Stockholm.

L’éco-quartier d’Hammarby Sjöstad a donc vu le jour sur une ancienne zone portuaire industrielle. Les premiers immeubles sont sortis de terre entre 1993 et 1995 et un programme a été mis en place pour définir les objectifs à atteindre, pour 2005 d’abord, puis à l’horizon 2015. La dépollution des sols a commencé dans les années 1995-1996.  L’objectif premier était évidemment de créer un complexe résidentiel fondé sur une utilisation durable et raisonnée des ressources. Des objectifs très précis pour 2015 ont été définis :

  • 10000 appartements pour 25000 habitants
  • Une consommation d’énergie réduite à 50kWh/m²
  • 100% des énergies d’origines renouvelables
  • Une consommation d’eau par habitant réduite de 60%
  • Une diminution de 90% de la production de déchets non recyclables et de 40% de l’ensemble des déchets
  • 80% des déplacements en transports en public et 20% par des véhicules non polluants

Pour parvenir à mener à bien ce projet, il a fallu se pencher sur un certain nombre de problèmes et proposer des solutions durables.

Un environnement résidentiel fondé sur une utilisation durable des ressources

De nombreux moyens ont été déployés dans l’éco-quartier de Stockholm. Tout d’abord, les différents acteurs du projet ont proposé une politique de recyclage : un réseau souterrain relié à plusieurs immeubles ou aux parties communes extérieures permet d’acheminer directement les déchets triés dans une station où ils sont brûlés. La combustion des déchets permet  de produire de l’électricité. Les déchets recyclables (carton, boîtes en métal,…) sont également triés pour faire d’autres emballages. Concernant l’eau, on suggère aux habitants d’équiper leurs robinets d’un aérateur qui mélange de l’air à de l’eau, pour réduire le débit d’eau au robinet. Enfin, l’énergie solaire est très largement utilisée dans l’habitat. Certains immeubles disposent de stores vénitiens extérieurs équipés de capteurs photovoltaïques. Des cuisinières à biogaz, qui utilisent la boue des eaux usées comme combustible, sont également présentes dans quelque 900 appartements.

L’aménagement du quartier

Ce dernier a été pensé de manière à respecter l’éco-système et l’environnement, tout en tenant compte de la qualité de vie des habitants. Tout d’abord, les différents acteurs de ce projet ont pris la décision de ne construire que sur des terrains déjà bâtis afin de transformer la friche industrielle en un agréable quartier résidentiel. La hauteur des bâtiments a été limitée à 5 étages, afin d’optimiser la présence du soleil, avec la contrainte, pour chaque immeuble, de donner à la fois sur la rue et sur un espace vert. Des commerces (épiceries, coiffeurs, librairies,…), des équipements publics, des écoles, des maisons pour personnes âgées, des salles de sport et de concert, des bibliothèques,… ont été implantés au sein du quartier pour limiter au maximum l’usage de la voiture. Un réseau de transport avec un système de bus, de bateau-bus et de tramway a également été intégré au quartier, qui propose aussi, en libre-service, une cinquantaine de voitures alimentées au biogaz (le but étant, à long terme, de réduire au maximum le nombre de voitures). Les trottoirs sont d’ailleurs très larges et laissent finalement peu de place aux voitures. Concernant les espaces verts, les parcs qui existaient ont été conservés : un parc de 150 chênes a ainsi été parfaitement intégré au quartier.

Des constructions élaborées pour respecter l’environnement

Les entrepreneurs se sont engagés à utiliser le maximum de matières premières écologiques possibles. Les toits sont « verts », recouverts de plantes grasses. Des éco-routes, c’est-à-dire des ponts couverts de végétation, permettent d’accéder à une réserve naturelle (Nacka).

L’implication des habitants

Un éco-quartier de ce type ne peut fonctionner sans une implication forte des habitants. Car, c’est à eux qu’il revient de trier leurs déchets, de consentir à renoncer à leur voiture et à baisser d’un degré la température de leur appartement car 1°C de moins représente une baisse de consommation de 7%, ou encore de réduire leur consommation d’eau. C’est pourquoi, dans le projet de n’importe quel éco-quartier, la population doit être fortement impliquée si l’on veut que les habitants jouent leur rôle de « citoyens responsables ». En 2005, dans le quartier d’Hammarby Sjöstad, une campagne a été menée pour informer les habitants et leur signaler la présence de substances indésirables dans les eaux usées, et notamment de Triclosan, présent dans certains dentifrices. Désormais, les habitants semblent avoir opté pour d’autres marques puisque la teneur en Triclosan dans les eaux usées a nettement diminué depuis.

Bel exemple de réussite, cet éco-quartier nous prouve que la préservation de l’environnement, la réduction de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effets de serre suppose un consensus entre différents acteurs : la ville qui accueille le quartier, les architectes, les entrepreneurs et bien sûr, les habitants. Tous ont réfléchi et se sont mis d’accord avant même d’établir les premiers plans. Ces quartiers, qui fleurissent aujourd’hui en Europe, se heurtent tout de même à un écueil, celui de la mixité sociale. En effet, ces quartiers résidentiels semblent attractifs pour les populations aisées qui voient là un moyen de s’établir au calme en améliorant considérablement leurs conditions de vie. Mais, ces populations, souvent actives, même si elles vivent dans un éco-quartier, ont, pour certaines, du mal à adapter leur mode de vie,  et à se séparer de leur voiture par exemple.

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Posté par Julie le 12 octobre 2012