Les énergies renouvelables marines, un nouvel eldorado

Les mers et les océans recouvrent 70 % de notre planète. Le monde sous-marin recèle de trésors fantastiques dont des variétés incroyables de poissons. Il offre également une source d’énergie propre inestimable. Le vent, les marées, les vagues et le soleil ouvrent de nombreuses possibilités. La France et son vaste littoral possèdent tous les atouts pour produire de l’électricité verte à foison grâce aux  énergies renouvelables marines.

eoliennes offshore - energies renouvelables marines

Les éoliennes fleurissent le long des côtes françaises.

L’énergie houlomotrice

La technologie houlomotrice exploite la puissance des vagues. Les ingénieurs usent d’ingéniosité pour capturer cette précieuse énergie. Les machines sont immergées sous l’eau (le capteur de pression), disposées en surface (la colonne à oscillation verticale) ou encore sur le rivage (la colonne d’eau). Ces différentes méthodes sont, pour l’instant, en phase de tests. Le matériel doit être suffisamment robuste pour résister aux conditions météorologiques les plus extrêmes.

Moult projets émergent en France dont le projet SEAREV Wave Energy Converter S3, Seacap et Bilboquet. Le projet « Normandie Hydro », par exemple, devrait comprendre 7 hydroliennes installées dans le Raz Blanchard au large du Cotentin. Pour l’instant, seul un prototype de 16 m de diamètre et d’une puissance de 2 MW a été immergé sous l’eau. Une phase importante pour la suite du déroulement des opérations.

L’énergie thermique des mers

L’eau très profonde des mers et des océans est nettement plus froide que celle en surface. L’énergie thermique des mes (ETM), également nommée énergie maréthermique, profite de cette différence pour produire de l’électricité. Ce procédé se développe essentiellement dans les régions intertropicales, où l’écart de température est la plus importante. Cette technique prometteuse offre une manne importante d’énergie prévisible et en continue (24h sur 24). Son coût constitue, toutefois, un frein pour de nombreux investisseurs.

Le groupe français DCNS dirige, aux côtés d’Akuo Energy, le projet NEMO (New Energy for Martinique and Overseas). Ce dernier vise à installer une centrale ETM pilote au large de l’île de la Martinique. Grâce à une puissance de 10,7 MW, elle permettra d’alimenter 35 000 foyers.

L’énergie éolienne

L’éolienne maritime fonctionne sur le même principe qu’une éolienne terrestre. Elle convertit l’énergie cinétique du vent en électricité. Leur emplacement géographique est, en revanche, un peu différent. Au lieu d’être fixée sur le plancher des vaches, l’éolienne en mer est ancrée sur les fonds marins (éolienne offshore) ou elle repose sur une base flottante (éolienne farshore) le long des rivages.

L’objectif du gouvernement français est d’atteindre une production de 6000 MW d’ici 2020. Deux projets sont en cours de développement dans les zones du Tréport et des îles d’Yeu-Noirmoutier. Ces deux parcs se composeront de 62 éoliennes offshore de 8 MW. L’ADEME a lancé, parallèlement, un appel à projets « Fermes pilotes éoliennes flottantes », en août 2015. Trois parcs pré-commerciaux devraient ainsi voir le jour dans le Languedoc-Roussillon et un autre en Bretagne.

L’énergie osmotique

L’osmose consiste à exploiter la salinité entre l’eau de mer et l’eau douce par le biais d’une membrane semi-perméable. Les centrales osmotiques devraient prendre place au niveau de l’embouchure des fleuves. Leur déploiement n’est pas à l’ordre du jour, car les performances des membranes restent limitées et le coût de nettoyage des filtres et de la membrane, elle-même, atteint des sommes exorbitantes. Un seul prototype est en service dans le monde. Il est basé en Norvège.

L’énergie marémotrice

L’énergie marémotrice tire avantage des flux et reflux des marées par le biais d’un barrage.

Véritable précurseur dans ce domaine, EDF a mis en service l’usine marémotrice de Rance, en Bretagne, en 1966. Elle génère, au moyen de ses 24 turbines, 500 GWH chaque année ce qui correspond à la consommation électrique d’une ville de la taille de Rennes.

Les énergies renouvelables marines en quelques chiffres

La France s’est engagée à porter sa part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 23 % d’ici 2020. Elle se lance entre autres à la conquête des mers pour y parvenir.
La part des énergies marines dans la production française d’électricité en 2014 (par rapport à 2013) atteint les 5,7 %* soit 31 TWh. Elle est en hausse de 10,5 %. L’électricité reste principalement d’origine nucléaire (77 %* soit 415,9 TWh).
La part des énergies bleues dans la production d’électricité renouvelable en 2014 (par rapport à 2013) est de 0,5 %* soit 0,5 TWh. L’hydraulique constitue la source d’énergie renouvelable la plus importante (68,6 %*) avec une production de 67,5 TWh.
Au niveau mondial, la France représente le principal producteur d’énergies marines grâce à sa centrale de Rance (240 MW).

* Source : https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/produire-de-l-electricite/les-energies-marines-en-chiffres

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Posté par Julie le 8 novembre 2016