La récupération de la chaleur dans l’industrie

Chaque jour, l’activité humaine et notamment le secteur industriel génère de la chaleur. Les communes cherchent à récupérer ces calories jusque-là perdues, car cela permettrait de :

  • Réaliser des économies en les recyclant
  • Préserver l’environnement.

procedes recuperation et valorisation de la chaleur ademe

© ADEME : Schéma des procédés de récupération et de valorisation de la chaleur. Cliquez pour agrandir.

Le recyclage de la chaleur, un dispositif encore peu développé

Les pays du Nord de l’Europe développent depuis les années 40 un réseau de chaleur qui permet de valoriser les calories rejetées par le secteur industriel. Sur le même principe que la pompe à chaleur, le dispositif récupère la chaleur qui s’évaporait directement dans l’atmosphère. Cette précieuse ressource sert à chauffer une zone de bâtiments. Tous les sites, qui dégagent régulièrement une importante quantité de chaleur, peuvent être raccordés au réseau comme :

  • Les usines,
  • Les centres d’incinération des déchets,
  • Les datas centers et
  • Les stations d’épuration.

Peu d’entreprises dans les autres pays au sein de l’Union ont mis en place ce dispositif pourtant très astucieux. Au total, il représente seulement 13 %* de la production de chaleur.

Les enjeux du réseau de chaleur

Le recyclage de cette chaleur résiduelle est bon pour les usagers et pour l’environnement. Il permet non seulement de réaliser des économies d’énergie mais également de réduire les émissions de gaz à effet de serre. D’après l’association Eurohead & Power, si toute l’énergie gaspillée en Europe était exploitée, elle permettrait de chauffer l’ensemble des constructions sur le continent ! Cela permettrait d’éviter la production de 400 millions de tonnes de CO2 par an ce qui équivaut à une réduction de 9,3 %.

L’exemple du projet PSA et Charleville

En juin 2017, l’équipementier automobile PSA et la ville de Charleville-Mézières se sont associés, autour d’un projet novateur, qui vise à développer un réseau de chaleur. L’usine PSA sera en mesure de répondre aux besoins énergétiques d’une partie de la population. Ce site industriel n’a pas été choisi au hasard. Il s’agit d’une usine spécialisée dans la fonderie des pièces destinées aux différents véhicules du groupe et qui plus est de la plus grande d’Europe. Elle est implantée sur un terrain de 55 hectares dont 13,5 hectares sont occupés uniquement par les bâtiments. Grâce à son activité et sa cadence de travail, elle réunit toutes les conditions pour faire de ce projet un succès.

Avant de chauffer les habitations de la commune, l’usine PSA de Charleville doit réaliser quelques aménagements spécifiques dont l’installation de capteurs de chaleur, de régulateurs, d’unités de stockage et de traitement et pour finir la mise en place du fameux réseau de chaleur. La fin des travaux est prévue pour 2019.

D’autres projets voient le jour

Rotterdam, Göteborg, Gênes, Cologne, les grandes villes européennes sont de plus en plus séduites par ce procédé, qui les aidera à coup sûr à accéder à une énergie 100 % renouvelable dans les prochaines années. A Paris, l’eau de la piscine de la Butte-aux-Cailles avoisine une température constante de 27°C grâce à la chaleur émise par les serveurs de stockage installés à proximité. La capitale britannique utilise les calories du métro pour chauffer les bâtiments situés le long des voies ferrées. A Rotterdam, le réseau permet de générer du froid et ainsi de rafraîchir les logements. Des capteurs sont disposés dans le lit du Rhin.

http://www.lemonde.fr/citynnovation/article/2016/01/19/les-reseaux-de-chaleur-seduisent-les-villes_4849884_4811669.html

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Posté par René le 11 juillet 2017