Les algues : une ressource énergétique du futur ?

Les innovations qui s’inspirent de la nature sont de plus en plus courantes dans le secteur énergétique. Elles ont pour objectifs de produire de l’énergie à partir de sources décarbonées et d’améliorer l’efficacité des bâtiments. Dans ce contexte, les algues apparaissent comme une ressource incontournable.

Micro-algues.

Les micro-algues apparaissent désormais comme une véritable ressource énergétique.

Leurs avantages

Leur prolifération sur certaines zones côtières pose problème. En Bretagne, ce phénomène s’explique par la présence importante de nitrates dans les rivières. Et si ce désagrément se transformait en ressource ? Certaines entreprises importent désormais cette matière première directement des plages bretonnes pour tirer profit de leurs qualités. C’est le cas d’un papetier italien qui les intègre dans le procédé de fabrication de son papier. Les algues lui permettent de faire des économies et présentent de nombreux avantages, elles :

  • Poussent rapidement
  • Se cultivent simplement à l’échelle industrielle
  • Ne nécessitent que peu d’espace

Les usages possibles

Elles pourraient constituer une ressource essentielle pour l’avenir énergétique de la planète, grâce à leurs nombreuses applications :

  • Dépollution des eaux usées
  • Captation de CO2
  • Fabrications d’isolants
  • Production de biocarburant

Phytoépuration

Dans le domaine des énergies renouvelables, les innovations se multiplient. La société Ennesys a mis au point un dispositif permettant de dépolluer les eaux usées et de produire de l’énergie à partir d’algues. Le processus se développe en plusieurs étapes, dans des photobioréacteurs :

  1. Récupération des eaux usées

    Les déchets organiques sont collectés et mixés avec du CO2. Ils alimentent ensuite des cultures de phytoplanctons.

  2. Culture

    Les micro-algues se développent selon trois modes de cultures différents en fonction de la teneur des eaux usées en matières organiques et en CO2. Dans tous les cas, le phytoplancton se développe en absorbant le dioxyde de carbone et en se nourrissant des déchets.

  3. Séparation

    A l’issue du processus, le dispositif sépare l’eau dépolluée de la biomasse.

  4. Valorisation

    L’eau peut être réutilisée et la biomasse sert de ressource énergétique.

Pour l’instant, ce procédé est destiné aux éco-quartiers, aux exploitations agricoles et aux sites isolés qui manquent de ressources ou d’infrastructures.

Isolant à base d'algues.

Les algues présentent d’excellentes qualités isolantes.

Isolation

Depuis plusieurs siècles, les pays scandinaves les utilisent comme matériau d’isolation intérieure et extérieure des bâtiments. Certains fabricants se penchent désormais sur la possibilité d’en faire des matériaux de construction parce qu’elles :

  • Sont neutres pour l’environnement
  • Régulent parfaitement la température
  • Permettent de soutenir l’économie mondiale
  • Répondent aux exigences d’efficacité énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre

Optimisation de la qualité de l’air

Depuis 2017, le 14e arrondissement de Paris accueille une colonne Morris d’un nouveau genre. Remplie d’eau et de micro-algues, elle capture le CO2 grâce à la photosynthèse et rejette de l’oxygène dans l’atmosphère. Son effet serait équivalent à celui d’une centaine d’arbres. La colonne est raccordée au réseau d’épuration de la ville. En fin de vie, les végétaux servent à produire du biométhane. Le mobilier urbain pourrait désormais améliorer la qualité de l’air des grandes villes.

Production d’énergie

Dans certains cas, les dispositifs mis en place pour dépolluer l’air produisent également de l’énergie. C’est le cas à Hambourg, où un immeuble dispose d’une façade en micro-algues. Les photobioréacteurs se trouvent dans les volets. Ils permettent de cultiver des algues qui, grâce à la photosynthèse, emmagasinent aussi de la chaleur. Cette dernière est utilisée pour chauffer le bâtiment, ce qui permet d’accroître son efficacité énergétique. Les bio-façades intéressent de plus en plus de promoteurs immobiliers qui les intègrent dans des projets d’urbanisme.

Algocarburant

Il s’agit d’un biocarburant conçu à partir d’algues. Elles sont prélevées dans des bassins de culture. C’est la graisse qu’elles produisent pendant leur croissance qui permet de fabriquer du carburant. Aujourd’hui, le coût de sa production est encore très élevé et freine son développement.

Toutes ces initiatives répondent à la nécessite de réduire l’utilisation de ressources énergétiques polluantes et de limiter l’impact des activités humaines sur l’environnement.

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Posté par René le 26 mars 2019