Dossier / Vers la fin des énergies fossiles ?

Entre 1973 et 2000 la consommation d’énergie dans le monde a augmenté de… 65%. Cette augmentation se poursuit au rythme de 2% par an. A cette cadence, les estimations – qui pourtant diffèrent souvent entre elles – s’accordent à dire que d’ici 80 ans environ il n’y aura plus ni charbon, ni gaz ni pétrole à extraire de la terre.

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Energies fossiles : puits de pétrole.

77 années encore au rythme actuel de la consommation mondiale, et on ne pourra plus produire d’énergies fossiles.

Et d’ici 2050, les besoins énergétiques devraient doubler ! Ce chiffre, publié par la BP en 2009 et partagé par plusieurs organismes, a largement frappé les esprits. Le pétrole serait épuisé d’ici 49 ans, le gaz naturel d’ici 60 ans et le charbon dans 124 ans, et ce malgré la découverte de nouveaux gisements, comme récemment en Afrique ou au Ghana. Sans compter l’augmentation prévisible de la consommation de pays émergents comme la Chine ou l’Inde, où les ménages sont beaucoup moins équipés en automobiles par exemple que dans les pays occidentaux, pour ne citer que ce seul bien de consommation…

Quid des autres énergies ?

Les analystes estiment que la raréfaction des énergies fossiles va provoquer des tensions importantes sur leur prix. Il faut savoir aussi que la réserve actuelle est plus difficile à extraire que les productions passées, puisqu’on a passé le pic de production, ce qui renchérit le coût de revient. Cette augmentation ne sera pas sans conséquences : il suffit d’imaginer le prix de l’essence à 3 euros le litre ou le doublement de sa facture de gaz pour s’en rendre compte.
La première réaction, sans doute, sera, tout en réduisant le plus possible la consommation, de préférer l’utilisation et le développement des énergies renouvelables, qui elles sont inépuisables. L’essor de l’électricité d’origine solaire, photovoltaïque, éolienne ou hydraulique devrait permettre de compenser partiellement l’utilisation des énergies fossiles. L’Europe a déjà inscrit un objectif de 20% des besoins énergétiques à couvrir avec des énergies renouvelables d’ici 2020. Cependant, on estime qu’à long terme seuls 25% à 30% des besoins européens pourront être assurés par ces énergies nouvelles, étant donné l’importante adaptation industrielle et toute la filière énergétique que cela suppose.

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Energies fossiles : le gaz naturel.

Energie électrique, l’espoir TWR

La production d’énergie électrique classique est bien sûr l’autre grande alternative aux énergies fossiles, dont les approvisionnements deviendront de plus en plus onéreux et incertains. L’énergie électrique possède une grande qualité, outre la fiabilité de son approvisionnement : le faible impact de sa production non-thermique sur l’environnement. Un bémol cependant : la couverture des besoins supposerait la construction de plusieurs centaines de centrales nucléaires dans le monde, avec le problème des déchets radioactifs à gérer, sans compter la délicate question de l’opinion publique. Ceci dit, la part de l’énergie nucléaire en Europe ne représente que de 15% du total des énergies et cette part tendra à augmenter. Les scientifiques sont à pied d’œuvre et les progrès technologiques sont constants.

En témoigne le projet du conglomérat japonais Toshiba, qui pourrait développer un nouveau réacteur nucléaire avec la société du milliardaire Bill Gates, TerraPower. Ce réacteur miniature de nouvelle génération TWR serait capable de fonctionner pendant une centaine d’années sans chargement de combustible, de l’uranium appauvri, au lieu de l’uranium enrichi des réacteurs classiques. Une affaire à suivre : le TWR serait commercialisé à l’horizon 2020.

La nécessaire adaptation de nos modes de vie

Nos modes de production, nos choix en matière de déplacement, et plus généralement nos modes de vie devront s’adapter à cette nouvelle donne. Sans parler forcément de décroissance, un mode de vie qui éviterait le gaspillage et la surconsommation pourrait préserver du pire les futures générations. Sur un plan psychologique, les pays qui ont vécu l’énergie abondante et peu chère auront du mal à s’adapter : il faudra se convaincre d’être aussi heureux avec moins ! De plus en plus d’analystes estiment que l’on pourrait ainsi doubler, voire tripler la durée des réserves en vivant autrement, en relocalisant le travail, l’alimentaire, le commerce…
Et entre-temps il faudra initier une nouvelle révolution industrielle en se passant le plus possible des énergies fossiles, en fabriquant à l’aide d’énergies renouvelables et de l’électricité, des voitures, bâtiments et usines très différents de ce nous connaissons aujourd’hui…

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crédit photos : Puits de pétrole © Corbis

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Posté par René le 21 octobre 2010