Inauguration de Floatgen, la première éolienne flottante en France

Vendredi 13 octobre 2017, la première éolienne flottante a été inaugurée dans le port de Saint Nazaire (Loire-Atlantique) en présence de la navigatrice Catherine Chabaud et du secrétaire d’État à la transition énergétique, Sébastien Lecornu. D’ici quelques semaines, elle partira direction le site d’expérimentation SEM-REV, au large du Croisic.

floatgen - eolienne flottante

© IDEOL SA

Un projet novateur

Baptisée Floatgen, cette éolienne offshore sera la première installée au large des côtes françaises. Elle est née d’un consortium de sept partenaires européens dont la start-up Ideol, le géant du BTP Bouygues et l’école Centrale de Nantes. Ce prototype constitue une prouesse technique. D’une capacité de 2 MW, il pourra alimenter en électricité une ville d’environ 5 000 habitants d’ici 2018. Il se compose d’un mat de 60 mètres et de trois pales de 40 mètres, qui repose sur un flotteur géant en béton. Cette structure carrée est équipée d’une piscine sans fond, qui permet de stabiliser l’installation en cas de fortes houles. Elle sera capable de résister à des vagues de 16 mètres de hauteur ! Autre innovation, son système d’ancrage « semi-tendu ». L’équipement est ancré au fond marin au moyen de câbles en nylon, une matière élastique et non corrosive. Équipés de nombreux capteurs, ils fourniront aux ingénieurs des informations précieuses sur le niveau de production et la résistance des matériaux.

Généralement, les parcs éoliens sont disposés le long du littoral. Floatgen est installée en mer profonde à 22 km du rivage afin de limiter au maximum son impact visuel. Cet emplacement stratégique lui permet de profiter de vents plus forts et plus réguliers. « Nous avons mesuré qu’une éolienne terrestre a un rendement de 20 à 30 %, c’est-à-dire qu’elle fonctionne environ un quart du temps. Dans l’offshore posé près des côtes, ce rendement est de 30 à 35 %, et il est de 50 % loin des côtes. », explique Bertrand Alessandrini, le directeur du développement à l’école Centrale de Nantes.

Le site d’expérimentation SEM-REV

Exploité par l’école d’ingénieurs Centrale de Nantes, le site d’essais SEM-REV s’étend sur 1 km2 d’espace maritime dédié, relié au réseau moyenne tension d’ERDF. Sa mission est d’aider les chercheurs et les industriels à développer les nouvelles technologies dans le domaine des énergies renouvelables marines (éolien offshore, houlomoteur). Différents prototypes à l’échelle 1 sont testés en conditions réelles. Dans quelques semaines, Floatgen sera installée sur cette plateforme et raccordée au réseau électrique. Les ingénieurs pourront faire les derniers ajustements avant de développer le projet à taille réelle en pleine mer.

La France est en retard

L’hexagone a accumulé un certain retard par rapport aux autres pays dans le domaine des énergies marines. Un retard, que le gouvernement compte bien rattraper. Eolmed, un autre projet programmé pour 2020, vise à installer un parc de quatre éoliennes au large de Gruissan dans l’Aude.

Fin 2016, 3 600 éoliennes offshore étaient en service à travers le monde ! Six stations flottantes sont en démonstration. De son côté, la France ne génère aucun mégawattheure au moyen de cette technologie. Elle dispose pourtant d’un fort potentiel. Avec ses milliers de kilomètres de côtes, elle pourrait produire 6 000 Gigawatts (GW) à l’horizon 2030 ce qui correspond à la production de 3,6 centrales nucléaires EPR.

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Posté par Julie le 31 octobre 2017