Le gaz de mine utilisé pour produire de l’électricité

L’histoire des mines de charbon semblait terminée depuis longtemps et pourtant une nouvelle page est en train de s’écrire. La Française de l’Energie et Gazonor ré-ouvrent les portes de différents sites situés dans le nord de la France. Ensemble, ils exploitent non pas le coke mais le grisou afin de produire de l’électricité.

mine de charbon

Le gaz de houille permet de produire de l’électricité.

Le grisou, un gaz redouté par les mineurs

Indolore et invisible, le grisou était craint par les mineurs. Ce gaz s’échappait du fond de la mine et provoquait au contact de l’air de terribles explosions, les fameux coups de grisou. Des dispositifs de sécurité ont été mis place afin d’éviter tous risques d’accident. La société Gazonor, ex-filiale de Charbonnage de France, était en charge de récupérer le gaz de houille, de le purifier et de l’injecter dans le réseau de gaz naturel. Cette action avait un avantage écologique. Le grisou contient plus de 90 % de méthane, cette substance gazeuse a un impact sur l’environnement vingt fois supérieur à celui du CO2.

Le travail de maintenance se poursuit après la fermeture des différents sites miniers, car le gaz continue naturellement de remonter à la surface. La qualité du produit n’est plus suffisante pour un usage domestique et industriel. Gazonor a obtenu, en 2015, la reconduction de sa concession jusqu’en 2042. L’entreprise souhaite transformer cette énergie d’origine fossile en électricité.

La reconversion des mines françaises en centrale électrique,…

Produire de l’électricité à partir du gaz de mine est une grande première en France. Depuis 2009, la Française de l’Energie (ex-EGL, European Gas Limited) cherche à exploiter le gaz de couche c’est-à-dire le méthane présent dans les veines de charbon non exploitées. En 2017, la dernière pierre de l’édifice a été posée ! Les moteurs d’une capacité de 1,5 MW chacun (ce qui équivaut à la puissance de trois ou quatre éoliennes) ont été installés sur les quatre sites situés dans le Nord-Pas-de-Calais. Ils doivent permettre, selon Antoine Forcinal, le directeur général de Gazonor et le directeur délégué de la FDE, de produire 9 mégawatts ce qui correspond à la consommation d’une ville de 40 000 habitants* ! Ces colosses (15 mètres de longueur pour 38 tonnes) fonctionneront en continu, entre 8 200 et 8 300 heures par an.

La nouvelle activité du site la Fosse 7 s’annonce pérenne. La quantité de gaz disponible se chiffre en plusieurs milliards de mètres cube ! L’énergie générée sera revendue en circuit-court au fournisseur d’électricité EDF à un tarif intéressant. Tarif, qui restera fixe (hors inflation) durant les quinze prochaines années.

…, mais pas seulement !

Le gaz de houille permettra de subvenir aux besoins en électricité des particuliers et des professionnels du secteur d’Avion. Parallèlement, les calories produites par le système en état de marche leur fourniront une solution de chauffage. « En transformant le gaz de mine en électricité, les moteurs dégagent de la chaleur à 70°C. Nous avons en projet de réaliser des réseaux de chaleur afin d’utiliser cette chaleur pour chauffer l’eau et alimenter des bâtiments publics ou autres. Autant pour l’électricité nous ne pouvons pas assurer la commercialisation, autant pour la chaleur nous sommes libres de trouver nos propres clients », explique Antoine Forcinal.

Le gaz de souche à ne pas confondre avec le gaz de schiste

L’extraction du grisou et du gaz de schiste reposent sur deux techniques totalement différentes. Le procédé employé pour le gaz de mine se fait dans le plus grand respect de la nature. Elle se réalise sans fracturation hydraulique et ne nécessite ni eau, ni produits chimiques. « Nous obtenons le gaz par différentiel de pression, en utilisant les fissures naturelles du charbon », précise Julien Moulin, le Président de la Fédération Française de l’Energie.

* Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-pas-calais/pas-calais/lens/avion-grisou-sera-desormais-transforme-electricite-1260267.html

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Posté par Julie le 2 août 2017